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De Liliane
CLEMENT École de Beaux Arts de Genève
Réflexions
sur les récents travaux de ELOY QUIRÓZ "KILLKA"
Les récentes
œuvres d'Eloy Quiróz sont l'expression picturale, visuelle de ses réflexions
et de son regard sur le monde d'aujourd'hui, dans notre univers occidental.
Récemment
arrivé du Pérou, son regard est neuf, vierge encore de nos nombreux conditionnements.
Aussi, ce regard percute et voit là où nous sommes aveugles, déjà !
La présente
peinture intitulée POLLUTION, exposée à la 7ème Biennale
de Florence, se réfère à la conscience de l'Homme sur Soi et, par extension,
sur son environnement. Les questionnements actuels sur le développement
durable, sur l'avenir de notre planète, Terre sacrée " Pachamama " pour
le monde andin, sont cruciaux et interpellent l'artiste dans son quotidien
autant que dans son œuvre.
Plus particulièrement,
dans la présente œuvre, il s'agit du rapport de l'homme occidental à la
fumée : sa dépendance à la cigarette et autres substituts, alors que dans
la tradition amérindienne et andine, le tabac reste une plante sacrée,
fumée dans le cadre précis de rituels où la plante permet de connecter
l'Homme au Ciel, aux Anciens, aux Etres célestes.
La dénaturation
de cette relation sacrée en une dépendance égoïque, avec ses effets secondaires,
tels que la pollution subie autant par le fumeur que par son environnement
(personnes et lieux) interpelle fortement l'artiste péruvien. Sa peinture
exprime son regard exacerbé et critique sur l'objet.
Dans cette
œuvre, la matière se combine à certaines figures symboliques pour offrir
une texture sensible et accentuer ainsi sa force expressive.
Les couleurs
de base sont réduites aux gammes noir-blanc pour couvrir la toile d'un
espace réflexif.
Le rouge,
par contraste, percute le regard. Symbolisant l'Homme, dans sa dimension
humaine, il se fait trait incisif, figure radicale. C'est la pointe acérée
de la flèche, le trait qui détermine son intention et son acte.
Dans la masse
grise ou noire, des détails infimes, juste esquissés se découvrent à la
mesure de sa propre attention, concentration. La toile se fait alors tridimensionnelle
dans le désir de découvrir se qui se cache dans le creux de la peinture.
Ce temps de
l'observation est méditatif.
La toile devient
alors un espace de respiration. Elle concentre, impose la gravité du message
dans l'inspir et, par l'expir, juxtapose les plages claires, un ciel d'ouverture.
L'œuvre d'Eloy
Quiróz requiert respect, recueillement et concentration.
L'artiste
a ce courage de trouver son propre langage pictural, fruit de sa quête
et son cheminement intérieurs.
" POLLUTION
" révèle ce cheminement et, de notre point de vue plus cartésien, l'œuvre
questionne le Beau et la Morale comme catégories esthétiques, appelle
le Philosophique et mène au Contemplatif.
BRON-France,
mars 2009
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